Afrique – Europe : M. Louis Michel critique les méthodes de contrôle de l’immigration clandestine
Le commissaire européen au Développement et à l'Aide humanitaire, M. Louis Michel, a critiqué le 6 octobre dernier à Bamako la capitale Malienne la thèse de certains responsables politiques contemporains qui voudraient faire croire à l’opinion nationale et internationale qu'il est possible de contrôler l'immigration clandestine en renforçant de plus en plus la sécurité aux frontières européennes.
M. Louis Michel qui s’exprimait lors de la cérémonie d’inauguration à Bamako d’un "Centre d'information et de gestion des migrations (Cigem)", en présence du président malien, Amadou Toumani Touré, a indiqué que "croire qu’il est possible d’arrêter l’immigration clandestine par quelque dispositif de sécurité relève d’un vœu pieux destiné à détourner l’attention du public choqué par les images de centaines d’Africains épuisés, à l’agonie, venant échouer sur les plages."
Selon des informations diffusées par plusieurs médias maliens, Monsieur Louis Michel, s'est fortement mobilisé pour que ce centre voie le jour. "Au lieu de diaboliser le phénomène de la migration, il faut l'accompagner, le structurer et le gérer au mieux comme élément humain positif pour l'Afrique et pour l'Europe. Ce centre ouvre la voie pour mieux gérer les flux de migration et exploiter davantage les opportunités offertes par la migration pour le développement", a-t-il déclaré lors de l'inauguration du centre.
Ce projet s’inscrit dans l'esprit du Partenariat Afrique-Union Européenne sur la Migration, la Mobilité et l'Emploi approuvé à Lisbonne (décembre 2007), faisant suite aux Conférences de Rabat (juillet 2006) et de Tripoli (novembre 2006) sur la migration et le développement, et au Dialogue politique au titre de l’article 13 de l’Accord de Cotonou entre le Mali et l’Union Européenne.
"Pour l'opinion publique de nombreux pays de destination des migrants, la migration s'assimile à l'émigration clandestine au point d'oublier de nombreux migrants africains établis depuis des décennies sinon des générations qui ont participé à la reconstruction de l'Europe et dont les nombreux enfants font la fierté de leur pays d'adoption par leur réussite et contribuent d'une manière significative au développement de leur pays d'origine", a souligné le président Amadou Toumani Touré qui s'est réjoui du financement de ce projet pilote.
© Camer.be : Hugues SEUMO