Zimbabwe, Elections générales: La fin de l'ère Mugabé ?
Plus de six millions d'électeurs étaient appelés aux urnes, hier mercredi 31 juillet 2013, pour des élections municipales, législatives et surtout présidentielles. Le dépouillement des bulletins de vote se poursuit ce jeudi, alors que la police a averti mercredi soir dans un communiqué de presse qu'elle arrêterait "toute personne ou tout groupe" qui publierait des résultats non officiels de l'élection. Cet avertissement concerne aussi les publications sur internet.
A Hararé la capitale politique, les bureaux de vote ont ouvert de 7 à 19 heures. L'on a pu constater à Budiriro, Salisbury, Angwa city, Kurigamunde, Japango, Brooke Borrowdale, etc , des files d’électeurs plus de quatre heures avant l’ouverture du scrutin.
Dans un bureau de vote du Manicaland, une province de l'ouest du pays, les gens attendaient sur près d'un kilomètre. "Je me suis levé à quatre heures du matin et malgré tout je n'étais pas le premier", a déclaré Clifford Chasakara, employé dans une scierie.
Dans la capitale, fief de Tsvangirai, les partisans du Premier ministre ne cachaient pas leur optimisme. "Je suis convaincu que Harare montrera la voie du changement", a assuré John Phiri, un employé de maison d'une trentaine d'années.
Certains se protégeaient du froid de la nuit d’hiver en s’emmitouflant dans des couvertures.
Si les observateurs occidentaux n'ont pas été autorisés à être présents, les observateurs de l'Union africaine ont estimé à la mi-journée que le scrutin se déroulait dans l'ordre et le calme.
Hier soir au cours de l'édition parlé du journal de 19h, heure locale(17h GMT), à la télévision d'Etat Zimbabwéenne, la présidente de la Commission électorale (ZEC) a fait état d'une "forte participation", et le chef de la mission d'observateurs de l'Union africaine, le Nigérian Olusegun Obasanjo, a qualifié le scrutin de "pacifique, ordonné, libre et honnête"
Le 30 juillet dernier, c'est-à-dire un jour avant le début des opérations de vote, Robert Mugabé , l’homme fort de Harare s'est dit même très confiant. Face à lui, son Premier ministre depuis 2009 et adversaire historique, Morgan Tsvangirai.
Les deux hommes s’affrontent à chaque présidentielle depuis le scrutin de 2002, à l’issue duquel Morgan Tsvangirai s’était incliné avec 43 % des votes contre 57 % en faveur de Robert Mugabe.
Au cours de la dernière élection, en 2008, Morgan Tsvangirai avait en revanche pris l’avantage au premier tour en obtenant 47 % des voix contre 43 % pour le chef de l’État sortant. Le leader du Mouvement pour le changement démocratique (MCD) n’a pourtant jamais participé au second tour.
Rejeté par la communauté internationale, Robert Mugabe reste pourtant populaire auprès d’une grande partie de la population, notamment les ruraux et les personnes âgées.Cette année, il a promis de respecter le résultat du scrutin, quel qu’il soit.
Promesse a été faite par la ZEC(la Commission électorale) de donner des résultats dans un délai de cinq jours. Un éventuel deuxième tour devrait être organisé le 11 septembre, si aucun des candidats n'obtenait plus de 50%.

