Prisma Canal International

Prisma Canal International est un blog indépendant animé et dirigé par Hugues B SEUMO, acteur de la vie contemporaine, pour réagir sur l'actualité contemporaine.

30-04-09

Belgique: Déjà 250 signataires pour la pétition de soutien à l'étudiant camerounais de l'ULB

Manif_Rudy290409500Comme nous vous l'annoncions dans l'une de nos éditions, lancée il y a de cela moins de 24 heures par le Collectif Rudy Nzimo, la pétition destinée aux mandataires politiques belges a déjà recueilli plus de 250 signatures. Depuis le Jeudi 23 avril dernier, la Chambre du conseil a ordonné une nouvelle libération de l'étudiant camerounais de l'ULB, Rudy Nzimo, inscrit en 5e année de polytechnique, qui séjourne depuis le 12 avril au centre fermé pour étrangers en situation irrégulière de Merksplas en Belgique.

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29-04-09

Belgique: La piraterie des CD et DVD devenue la principale activité de certains immigrés en Belgique ?

Vente_CD_Pirate280409500Votre reporter de passage à la Grande Place à Bruxelles s'étonne de l'activité de certains immigrés d'origines africaines en Belgique. C'est un spectacle fulminant qui accueille tous les jours les touristes à Bruxelles. Des immigrés venus d'Afrique, d'Inde, du Pakistan ou d'ailleurs, vendent des CD, des DVD, des sacs, des montres de grandes marques, tous des objets issus de l’imitation. Plus besoin de se rendre chez un distributeur des films et feuilleton africain pour s'en procurer une copie.

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28-04-09

Cameroun: L'ADDEC demande au recteur de l'université de Yaoundé I d'intervenir dans l'urgence pour sauver la vie de J. Ngono

Justine_Ngono220409500Le cas alarmant de l'étudiante Justine NGONO heurtée par un camion des Sapeurs pompiers et abandonnée à elle-même par les auteurs de cet incident continue à soulever des inquiétudes de la part de plusieurs organisations de la société civile camerounaise. cette semaine, l'ADDEC a interpellé le Recteur de l'Université de Yaoundé I pour qu'il applique les dispositions applicables de la réforme universitaire de 1993 qui affirment que les étudiants doivent bénéficier de l'assurance maladie une fois qu'ils sont inscrits.

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27-04-09

Belgique : Bruyante manifestation à Bruxelles pour la libération de l'étudiant Rudy Nzimo

Manif_Rudy_Cover280409500Ils étaient nombreux le 27 avril 2009 dans l’après midi (plus d'une centaine) à l’appel du Collectif Rudy Nzimo, à demander à l'Office des Etrangers de libérer l'étudiant Camerounais transféré depuis le 10 avril dernier au centre fermé pour étrangers en situation irrégulière de Merksplas en Belgique. Le tribunal de première instance de Bruxelles par une ordonnance du 21 avril dernier a demandé la mise en liberté de ce Camerounais, estimant que la suspicion de fraude de passeport n'est pas établie et que ce dernier, interné dans un centre de rétention

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26-04-09

France - Madagascar: Confusion du genre entre Cœur De France Monde et France Monde, Médard Ntep sort de sa réserve

Medard_Ntep240109250« Aux responsables et sympathisant(es) de Cœur De France Monde,c'est avec tristesse et stupéfaction que je découvre cette photo ci- jointe, qui met  à mal, nos relations avec Madagascar. Confusion du genre oblige, entre Cœur De France Monde et France Monde. Afin de mettre fin à toute confusion du genre, l'association Cœur De France Monde se réserve le droit de porter plainte contre le gouvernement français, par le biais de notre avocat, Maître Gilbert Collard. », pouvons nous lire dans une correspondance de Médard Ntep, le président de l'association humanitaire Cœur de France Monde, parvenu ce jour à notre rédaction

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25-04-09

Cameroun, Pénitencier de Kondengui : Quand la faim nourrit le sexe

Prison181208275_1_A la prison de Kondengui à Yaoundé, la faim justifie les moyens. Ceci  s’atteste par certaines pratiques lubriques observées au principal pénitencier de Yaoundé. C’est le cas notamment de ces jeunes gens qui se prostituent pour survivre. Il ne se passe pas de jour ou mieux, de nuit, sans qu’on signale des actes de sodomie dans l’un des deux plus populeux quartiers de la prison. Les quartiers 8 et 9 comptent environ 3000 détenus, soit plus de la moitié des quelque 5000 personnes incarcérées ici. Le plus récent cas date de quelques jours à peine, lorsque le jeune A. C., à son corps défendant,  a défrayé la chronique.

Quand il est interné au quartier 8 dans le local 85, il ne se doute pas des dangers qui le guettent. Comment en effet se méfierait-on d’un bienfaiteur qui, dans cet enfer, vous tend généreusement la main ? Ainsi d’H.B. qui, spontanément, a pris sous son aile le pauvre A.C. à son arrivée. Ce dernier, privé de visite, est soumis au « Régime intérieur ». Autrement dit, il doit se contenter de la nourriture que lui offre l’administration : à peine une poignée de maïs sec bouilli et teinté d’huile rouge (Le haricot qui devrait l’accompagner se retrouve en vente parallèle dans la prison). Appelée ration, cette pitance quotidienne peu ragoûtante, est servie une fois par jour, et il faut jouer des muscles, quand on n’a pas de relation, pour en avoir. Ce « Kontchap », est l’apanage des plus pauvres, surnommés les « Flottants ». Une expression fort imagée qui rend relativement compte de la réalité.

Amants cocus

On imagine aisément la surpopulation et la promiscuité qui règnent dans cet endroit. Dans un local de quelque 4/4m tel celui où vivent nos deux gaillards, il n’est pas rare de trouver plus d’une trentaine d’occupants. Les plus vernis ont leur « mandat », c'est-à-dire une couchette d’une place sur un lit à étages. Chaque lit comporte trois mandats. Selon les moyens, l’ancienneté, la longueur de la peine ou simplement la puissance financière, on peut se permettre d’occuper tout seul son mandat, ou le partager. Beaucoup de démunis, qui n’ont donc pas les moyens de s’offrir une couchette, « flottent » littéralement dans le quartier, dormant soit à terre dans le local (ce sont les bien nommés « dormaterres »), soit sur des bancs de fortune en plein air dans la cour. Car ils n’ont pas où dormir, bien qu’officiellement affectés dans un local. L’on comprend donc que A.C. se soit senti privilégié quand H.B  lui a offert sa protection, et surtout, de la nourriture. Il faut dire qu’H.B. est un « tacleur » c'est-à-dire un vendeur ambulant qui arpente toute la prison pour proposer sa marchandise. Celle-ci est constituée pour l’essentiel, des objets personnels (vêtements, montres, chaussures, appareils etc.) que d’autres prisonniers dans le besoin (les nouveaux venus généralement), lui confient à vendre contre une commission. C’est dire s’il a de l’argent. Des sources disent donc que le commerçant a introduit des amphétamines dans des aliments qu’il a donnés à son protégé. A.C a mangé et, une fois sous l’emprise de la drogue, a subi les assauts de son « bienfaiteur », lequel lui a copieusement labouré le derrière. Pris sur le fait, les deux compères ont connu des fortunes diverses : AC. a été jeté en cellule disciplinaire, tandis que H.B  a continué sereinement ses occupations. Son argent a sans doute parlé. La loi du mieux disant sans doute. Quoiqu’il en soit, cette affaire, la énième du genre, pose le problème de la sexualité des détenus.

Privés de leurs compagnes pour les hommes, et de leurs compagnons pour les femmes, les détenus de Kondengui sont contraints, pour satisfaire leur libido, de se livrer à des amours clandestines. Bien que l’homosexualité soit réprimée par la loi, certains détenus sont, par la force des choses, devenus de pédés notoires. Dans le langage cru du milieu, on les appelle les « baiseurs d’anus ». Ce sont pour la plupart, des condamnés à de longues peines. Les plus jeunes sont leurs proies favorites. Des couples sont officiellement constitués dans l’obscurité de certains mandats. On sait ainsi et ça se chuchote, que tel est « la femme » de tel autre. Le condom étant interdit  ici, la pratique est au full contact, avec toutes les conséquences que l’on imagine. Certaines femmes sont aussi transformées en lesbiennes, pour bénéficier des largesses de leurs camarades d’infortune plus nanties. Bien entendu, il y a que individus que la nature a prédisposés à ces penchants.

Ceux que ces pratiques rebutent, se débrouillent comme ils peuvent : soit ils se masturbent en cachette, soit ils entretiennent des relations platoniques avec des détenues qu’ils entretiennent ; au risque de mourir eux-mêmes de faim. Il se passe alors un intense échange épistolaire, par coursiers interposés, où les déclarations d’amour enflammées des dames sont immédiatement suivies d’une demande d’argent…pour manger. En retour, et à défaut de faveurs charnelles, il reçoivent parfois des plats de nourriture préparée par une femme : un vrai luxe ! Des prisonniers se ruinent alors pour tenir leur rang auprès leurs « femmes ». Ces dernières, sans scrupules, regardent ailleurs à la moindre défaillance financière du Jules. D’ailleurs, elles ne se gênent pas pour entretenir plusieurs idylles. Un ex Directeur de l’administration centrale en a fait la frustrante épreuve. Ce riche et honorable père de famille d’une soixantaine d’années, s’est filmé nu. Il a ensuite envoyé l’appareil numérique à sa dulcinée du quartier féminin, afin qu’elle contemple sa plastique. Seulement, le coursier, par retour de courrier (la belle avait à son tour posé en tenue d’Adam), s’est trompé de destinataire et l’a remis a un autre amant de la jeune femme. Lequel, pour se venger, s’est empressé de remettre l’appareil aux autorités pénitentiaires.

L’ancien haut fonctionnaire, naguère locataire du quartier 12, a été muté disciplinairement au quartier 3. Un endroit beaucoup moins huppé ; mais il aurait pu connaître pire. Il est courant que de pauvres quidams se fassent rectifier le portrait pour avoir seulement jeté un regard concupiscent sur « un dossier réservé ». Pour cette fois, notre Directeur en a été quitte pour quelques sarcasmes. Et des regards goguenards qui, en d’autres temps et lieux, auraient valu à leurs auteurs un séjour … à la prison de Kondengui.

© Correpondance particulière pour Camer.be : Michel Mombio

Allemagne - Afrique: Une journée spéciale pour la littérature africaine organisée à Karlsruhe

Leonora_Miano230409275Après avoir rendu récemment un vibrant hommage à l'écrivain martiniquais Aimé Césaire, l’association des Camerounais de la ville de Karlsruhe en Allemagne (FKSK e.V.) revient une fois de plus sur la sellette ce week- end  à Karlsruhe et plus précisément le 25 Avril 2009 à travers une journée spéciale consacrée à la littérature africaine. Selon les organisateurs de cette activité littéraire, cette journée aura pour but de faire connaître les écrivains africains  au public africain et allemand, une manière de contribuer à leur manière au rayonnement de la littérature africaine en Allemagne.

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24-04-09

Cameroun : La célébration du 150è anniversaire de la ville de Limbe sous fond de discordance

Limbe_241109300Pour ceux qui ne le savent pas encore, la ville de Victoria devenue Limbe depuis 1982 aujourd'hui a été créée en 1858 par l'explorateur missionnaire Alfred Saker. Anciennement appelée Victoria, Limbé est une ville balnéaire située sur la côte ouest atlantique dans la province du Sud-Ouest à environ 71 Km de Douala. Elle donne directement accès à la mer et héberge de ce fait un port en eau profonde.Le Port autonome de Limbé s’offre comme une autre solution de rechange à l’enclavement désormais consommé du Port autonome de Douala.

Non loin de Limbé, les petits ports d’Idenau, de Tiko, et d’Ekondo Titi accueillent des pirogues et des navires de pêche servant au transport de biens et de personnes. Limbe c'est aussi la ville du pétrole avec la Sonara, société de raffinerie de pétrole

La ville de Limbe doit fêter cette année le cent cinquantenaire de son existence. Cette fête annoncée il y a de cela quelques temps par plusieurs médias locaux rencontre l’opposition de la conférence des chefs traditionnels.

Le samedi 14 novembre dernier le délégué du gouvernement de la Commune urbaine de Limbe (Cul), Motanga Andrew Monjimba, a donné une conférence de presse à l’hôtel de ville devant un parterre d'invités parmi lesquels les membres de la Swela ( South west Elite Association), South west Boys and Girls association représentée par Maureen Seumo, sans oublier quelques membres du comité d'organisation du cent cinquantenaire de la ville de Limbe à savoir l’ancienne député, Gwendolyn Burnley, vice-présidente et Mme Etombi Gladys Ikome, coordonnatrice du comité de suivi, Mbongo Molongo Noah le président du comité d'organisation

Monument_Saker_Limbe2411093Les sujets débattus ce samedi 14 novembre portaient dans leur majeure partie sur l'appel au boycott suggéré lors par la traditional Chief conference de la Fako.( Photo ci-contre, Monument Saker à Limbe)

L'absence des chefs traditionnels de la fako à cette réunion porte en elle des germes de mécontentements divers..

Le retour du  nom de Victoria de plus en plus réclamé

Les chefs traditionnels de la Fako demandent  la rebaptisation du nom de la ville de Limbe en la ville du nom de Victoria, le changement du nom de la ville de Victoria pour Limbe étant un décret du chef de l’Etat et pas une délibération de la communauté urbaine.. Les problèmes relatifs à l'abandon des habitants du Sud Ouest.

Les élites de la ville se plaignent également du fait que les natifs de Limbé soient exclus ou quasiment absents dans plusieurs secteurs occupant des employés au port de Limbe

Le comité d'organisation pense quant à lui que la célébration du 150è anniversaire aura bel et bien lieu du 3 au 5 décembre 2009.

A ce jour «le niveau des préparatifs est de 80%», affirme Mme Etomi Gwladys au micro de nos confères de Le messager. Et pour sa réussite, toutes les compétences ont été sollicitées non sans tenir compte des origines et des chapelles politiques.

On annonce pour la réussite de cet évènement des activités sportives et culturelles. La découverte de la ville de Limbé, du jardin Botanique, du centenary Park, du cimetière colonial, de la Sonara,l’élection Miss Limbe , tournoi de football...Tout y passera

Qui était Alfred Saker ?

Alfred Saker,missionnaire baptiste anglais, né le 21 juillet 1814 à Wrotham (Royaume-Uni) et mort le 12 mars 1880 à Peckham (Royaume-Uni) arrive à Douala dans l'embouchure du Wouri en 1845. Il y fit construire écoles et églises.

Il était considéré par David Livingstone comme le missionnaire le plus influent d'Afrique de l'ouest. En achetant les terres au roi William Bibia pour implanter des infrastructures à l'instar des églises, écoles, hôpitaux, logements et imprimerie, le missionnaire Alfred Saker  founda en 1858 la ville de Victoria  qui fut rebaptisée le 16 mai 1982 Limbé. Nom dérivé dit-on de la rivière qui traverse la ville et qui est celui du nom de l'ingénieur, Limburgh qui a construit le premier pont à l'entrée de la ville.

Inspiré par le pays, il tenta de convaincre le gouvernement britannique d'y fonder une colonie. Aujourd'hui, une école baptiste de Douala et de Limbe, le Collège Alfred Saker, porte son nom.

© Camer.be : Hugues SEUMO

Afrique Centrale : Le nouveau passeport biométrique de la zone CEMAC entre en vigueur le 1er janvier 2010

Passeport_Cameroun230908275Les passeports biométriques contenant une photo et des empreintes digitales numérisées succéderont progressivement aux anciens passeports. Il devra être disponible selon le ministère des affaires étrangères du Gabon dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et doit en principe entrer en vigueur le 1er janvier 2010. D'ici là, tous les pays de la CEMAC seront équipés de machines  qui enregistreront les photos et empreintes digitales numérisées. Celles-ci qui seront ensuite insérées dans la puce de ces passeports biométriques.

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23-04-09

Cameroun : Un système sanitaire exécrable, âmes sensibles s'abstenir

Hopital250609275La société camerounaise va mal, dit-on. La crise, présente dans tous les secteurs de la vie sociale, économique et politique, est devenue le lot quotidien. En fait, y a-t-il une vie au Cameroun au-delà de la crise sanitaire ? Malaise et tensions sociales, paupérisation insidieuse, insoutenable inconfort de la vie en ville et en campagne, gestion aberrante des ressources naturelles …

Vol au-dessus du chaudron camerounais.

Nous sommes en novembre 2009, dans un pays situé un peu au-dessus de l’équateur, en Afrique centrale : le Cameroun. Nous nous rendons comme si nous étions des patients dans un dispensaire, puis dans un service de l'hôpital Laquintinie, tous deux situés à Douala dans la province du littoral.

C'est l'occasion de montrer les difficultés d'une médecine dont le schéma est imprégné par le modèle occidental, mais qui fonctionne dans les conditions de dénuement total à l’image du pays. Le décalage entre l'image que les patients et soignants ont de la médecine avec le mythe d'un âge d'or colonial et la dure réalité alimente les frustrations et crée des tensions permanentes entre infirmiers et malades.

A l’entrée de ces centres de santé, on peut lire ceci : " Dirigez-vous à la caisse ". De quelle caisse s’agit-il quand on sait que le malade ne dispose pas assez de temps pour accéder les locaux d’un centre de santé ? Est-ce à dire qu’en cas d’un accident, l’ambulancier (s’il y en a) devra d’abord passer par ce service ?

A l’hôpital Laquintinie, à l’entrée, le patient doit préparer la monnaie. Il est accueilli par une nuée de rabatteurs qui lui proposent de le "guider" dans les méandres de l’hôpital, et qui n’hésitent pas, pour le convaincre de la "qualité" de leur service, à lui faire part de leur propre diagnostic. Ici, tout se monnaie. Un repos médical vous sera proposé par le rabatteur pour la modique somme de 2 000 F CFA ; on peut également vous fournir, si besoin, et contre espèces sonnantes, un document antidaté ou un certificat médical plus vrai que nature… Le rabatteur, véritable cicérone et maître des lieux, vous proposera "son" médecin, qui se trouve être en consultation dans son "cabinet privé". Qu’à cela ne tienne, votre guide pourra vous y conduire, d’autant que ledit "cabinet privé" est situé… dans l’enceinte même de l’hôpital !

Du coup, le médecin vous réclamera des honoraires plus élevés que ceux auxquels vous donne droit votre carnet hospitalier, puisqu’il s’agit d’une "consultation privée"… Sur la somme perçue par ce médecin, une commission sera reversée au rabatteur. Hallucinant… Mieux vaut ne pas avoir besoin d’une hospitalisation de longue durée, car la "chaîne" de faux frais et de commissions diverses ajouterait à votre état un diagnostic supplémentaire.

Devant les mêmes locaux de ces centres de santé, tout se vend. Jusqu’au moindre service. Si le malade décède, juste en face de la grille d’entrée principale de l’hôpital ou du dispensaire se trouve les services de pompes funèbres qui brandissent à la longueur des journées des affiches ventant leurs produits et qui cherchent preneurs dès qu’un cri strident se fait entendre dans la rue.

Des corbillards occupent le parking des usagers à la quête des clients. Tout se passe comme si ces derniers souhaitaient la mort de tous les patients. Paradoxe. Dans ces institutions sanitaires, le médecin est roi et ne vous reçoit que si vous aviez préalablement pris un ticket à la caisse. Quelquefois, le patient est obligé de se rendre dans une clinique privée où travaille le même médecin pour recevoir des soins appropriés.

Dans les salles d’hospitalisation, les meubles coloniaux et les patients se disputent de l’espace. L’infirmier qui assure le suivi de votre traitement ne revient que si vous lui aviez préalablement " motivé " comme ça se dit ici. Les médicaments prescrits ne se trouvent que dans les bureaux des médecins. N’allez surtout pas les chercher ailleurs, vous serez abandonnés à vous-mêmes.

Un autre constat, n’ayez pas surtout mal aux dents car le médecin dispose d’un outil rudimentaire similaire à un marteau et d’une pince de menuisier pour vous arracher la dent cariée. Les rapports sont si tendus qu'il n'est pas rare de voir les personnes souffrantes fuir l'hôpital avant la fin du traitement.

Troisième lieu décrit, un centre de maternité situé dans un quartier populaire ( New-Bell) et qui souffre des mêmes pénuries en moyens. Toutes les femmes en voie d’accouchement doivent avoir sur elles la somme exacte requise avant accouchement. Et l'on est étonné des rapports de confiance qui se nouent entre les futures mères et les sages-femmes. Quelquefois, certaines d’entre elles sont obligées de rentrer en famille avec les risques que cela comporte : accouchements non hygiéniques, sans suivis. Ni les patients ni les soignants ne sont marqués par cette image qui exacerbe les conflits d'un État à la fois "providence" et "défaillant"

Que dire des médicaments vendus à la criée comme des bouts de pains ?

Certains médecins vous conseillent après leur diagnostique d’aller vous procurer des médicaments à vil prix dans la rue. Les fournisseurs ici ne sont que des médecins et pharmaciens de nos hôpitaux publics. Ne cherchez pas surtout ici à lire sur des étiquettes des dates de validité des produits achetés. Tout a été gratté. Les bâtons de manioc, les fruits divers, la cigarette se côtoient désormais sur les étagères les médicaments sans que cela n'émeuve les pouvoirs publics. Là bas ça s'appelle le non contrôlé..

Les drames humains sont devenus l’ordinaire de la relation entre les patients et le secteur hospitalier. Exemple récent. Un homme ayant conduit son épouse à l’hôpital a dû en ressortir, après quelques heures, pour aller chercher les médicaments destinés à soigner son épouse. Pendant qu’il attendait à l’extérieur de la pharmacie de garde un malfaiteur a tenté de lui arracher son porte feuille et l’a poignardé.

Il a eu la force de revenir à son point de départ, l’hôpital, où il est décédé des suites de ses graves blessures. Mort, tout compte fait, parce qu’il n’y avait pas à l’hôpital de médicaments pour soigner son épouse… Des drames comme celui-là, il s’en produit tous les jours dans nos hôpitaux.

Dans ce Cameroun, l’insécurité sanitaire a atteint des sommets. Le pire, c’est qu’on s’y est habitué, imperceptiblement. Toutes les villes et campagnes du Cameroun sont victimes de cette pratique devenue le lot quotidien, devant les yeux inertes de nos dirigeants. Désabusés par des soins et des médicaments coûteux, plusieurs camerounais ont choisi la voie de l’uninothérapie.

En buvant selon eux chaque matin et soir une bonne quantité de ses propres urines, on n’est supposé recouvrer sa santé. Ce phénomène s’est répandu dans toute la société camerounaise car, l’uninothérapie ne coûte rien surtout quand on sait qu’on ne dispose pas déjà assez de moyen pour se faire soigner dans nos hôpitaux.

Des critiques scientifiques sur cette pratique se sont avérées sans objet. À l'heure où se multiplient les critiques contre la politique des soins de santé primaires au Cameroun, ces quelques exemples et cas vécus, illustrent un développement sanitaire à double vitesse.

L'illustration de l'état de décrépitude de nos hopitaux sur cette vidéeo. Conseils, âmes sensibles, s'abstenir

Voir une video illustrative    

© Camer.be : Hugues SEUMO

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