cameroon-1-aug-17

La ville de Bamenda est t-elle en état de guerre ? Pourquoi interdire toute manifestation publique sur la voie publique ? C'est assurément les questions qui alimentent les discussions des Camerounais soucieux de l'avenir de leur pays en ce moment où une autorité locale,prefet de la Mezam dans son living décide d'interdire toute manifestation à caractère publique dans toute sa province de compétence.

Le Préfet de la Mezam a signé récemment un arrêté interdisant toutes manifestations publiques dans son département du 21 septembre au 3 octobre 2017.

Qui sont-ils, ceux-là mêmes à qui tout a été donné par leur roi et qui veulent aujourd'hui ouvrir la porte au trouble à l’ordre public qu’ils semblent semble tant redouter ? Sous d'autres cieux , cette décision mériterait une poursuite judiciaire à l’égard de leurs auteurs pour avoir posé des actes contraires au texte fondamental de leur pays. Et pourtant, ce n'est pas le cas.

En interdisant toute manifestation publique dans sa circonscription administrative, c'est-à-dire sur toute l'étendue du département de la Mezam dans la région du Nord-Ouest /Cameroun, jusqu'au 3 octobre 2017, celui-ci croit pouvoir empêcher de la sorte toutes ces forces de changement qui, de toutes parts, se mobiliseront pour organiser la riposte à la modification de la Constitution.

Les manifestations publiques font partie des libertés publiques et dont l'objet d'une consécration tant au plan international (Déclaration des Droits de l'Homme, Pacte international relatif aux droits civiques et politiques, Charte africaine des Droits de l'Homme et des peuples) qu'au plan national. On la retrouve même dans le texte de la Constitution autant que dans une loi du 19 décembre 1990.

Autant le dire, le droit de manifester publiquement à titre individuel ou collectif est consacré et protégé par la Constitution et la loi en tant que droit fondamental du citoyen.

Où était ce Préfet lors de la journée tendue, vendredi 22 septembre dernier? Des milliers de manifestants y ont défilé dans plusieurs villes, y compris à Bamenda, capitale de la région du nord-ouest et foyer de la protestation anglophone contre le pouvoir de Yaoundé. Dans cette ville, les manifestants ont bravé ces interdits et brandi des slogans séparatistes comme jamais par le passé.

Ces administrateurs doivent comprendre quand une sphère sociétale donnée, quand la volonté populaire devient générale, la place de l'autorité est releguée au second plan

Côté des autorités locales, l'on prétend que l'on est " soucieux de la sécurité des personnes et de leurs biens, de la nécessité impérieuse de maintenir l'ardeur des populations au travail pour mieux assurer leur développement et accélérer la lutte contre la pauvreté et surtout éviter toute dispersion d'énergie qui proviendrait des multiples tentatives de manifestations dans lesquelles certains milieux sont en train d'embarquer les populations ".

Et maintenant ….

Il n'est donc pas question d'exclure de cet arrêté les manifestations relatives au 1er octobre 2017, date historique dans les régions anglophones du Cameroun. Il n'est donc pas également question d'exclure les prochaines manifestations relatives à la journée internationale de la femme du 08 mars car les " les manifestations publiques, et spécialement les marches sur la voie publique " n'auront plus lieu.

Si l'on respecte les instructions du communiqué des autorités administratives de la Mezam, ondira qu'il reviendra en force le 20 mai prochain pour interdire toute manifestation publique.

Comme quoi, rien ne se fêtera désormais à Bamenda mais, jusqu'à quand?

Heureusement que les habitants des régions anglophones ne sauraient être dupe cette fois. Ils savent parfaitement qui sont les vrais ennemis de la nation. Ils savent où se situe la vérité. Ils savent pertinemment que le choix des autorités locales relèvent de la provocation gratuite à leur endroit. Ils savent très bien que le moment venu, il sera seul dans son bateau .

C’est dire que les prochaines semaines s’annoncent bien chaudes dans les régions anglophones. En attendant , bon mardi et à mardi

© Hugues SEUMO