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20 janvier 2009

France : Robert WAFFO WANTO "M. Biya M. Biya n’est plus l’homme ni de la situation,ni encore moins de l’avenir du Cameroun "

Waffo_Wanto200709500C’est  en plein cœur du 18ème Arrondissement de Paris et plus précisément au  siège du Conseil des Camerounais de la Diaspora que Camer.be est allé à la rencontre de Robert Waffo Wanto. Autrefois les étudiants de l’université de Yaoundé l’appelaient Général Colin Powell.Il vit actuellement en Europe et beaucoup plus en France. Il est l’un des pères fondateurs du Parlement estudiantin dans les années 90 au Cameroun et à ce jour le président du Conseil des Camerounais de la diaspora. Dans cet entretien accordé à notre rédaction, il revient sur le but de la manifestation anti Biya du 21 juillet 2009 à Paris. Lisez plutôt...
 
Bonjour Monsieur Robert WAFFO  WANTO, le Conseil des Camerounais de la diaspora dont vous êtes le président organisera une manifestation  à Paris le 21 juillet 2009. Pouvez vous nous expliquer la symbolique de ce rassemblement ?

Merci à Camer.be d’être venu ici à Paris pour me donner cette opportunité de m’exprimer dans ses colonnes. Nous organisons cette manifestation du 21 juillet d’abord pour signifier à M.  Biya qu’il n’est pas le bienvenu dans un pays qui est tout le contraire de celui d’où il est parti à savoir le Cameroun. Ce pays qui n’est plus que l’ombre de lui-même du fait bien entendu de ses 27 ans de règne. Ensuite pour dire haut et fort ce qu’il n’aime pas entendre, à savoir ; que le processus de démocratisation s’enlise complètement, que l’Etat de droit est une chimère au Cameroun, que la justice camerounaise doit se réconcilier avec la justice tout court, que le processus électoral doit être sain c'est-à-dire débarrassé de tous ses champs de mines et confié à une instance qui devrait s’appeler autrement qu’ELECAM…la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante)  par exemple, que le débat public doit enfin voir le jour au Cameroun, que les syndicats doivent être libres et indépendants, que les libertés de presse et d’expression doivent enfin pouvoir composer avec le vécu du peuple camerounais.

Concrètement, que voulez-vous véhiculer comme message à l'intention de la communauté nationale et internationale ?

Le seul et unique message  à l’intention de la communauté nationale et internationale : 27 ans après son accession au pouvoir, M. Biya n’est plus l’homme ni de la situation,  ni encore moins de l’avenir et qu’avec lui à la tête de l’Etat camerounais, le risque d’une implosion  est de plus en plus réel.

Comment réagissez-vous aux mises en garde de certains camerounais de la diaspora, qui pensent que manifester contre la présence de Paul Biya en France constituerait une honte pour le Cameroun ?

Effectivement nous devons apprendre à avoir honte de façon à prendre conscience de l’absolue nécessité pour nous de changer, car le drame dans notre pays est que nous sommes dirigés par une poignée de citoyens qui ont jeté la honte aux chiens, permettez-moi l’expression. A ceux qui subitement se sont découverts des vertus de patriotisme, je me pose bien la question de savoir quelles sont les motivations premières qui les animent ? Car à aucun moment je ne les ai entendu décrier le sort qui est réservé à notre jeune compatriote M. Elvis Nico Kuitchébé, grand malade drépanocytaire qui depuis son évacuation sanitaire par le gouvernement camerounais en juillet 2008, traîne dans les rues de Paris sans abri, sans ambulatoire, sans soins et sans alimentation, car s’étant fait expulsé de toutes les  structures sanitaires et hospitalières de la région parisienne qui n’entendent pas l’accepter en tant que qu’un cas social.
Quelle honte absolue pour le gouvernement camerounais dont certains responsables de la fonction publique n’hésitent pas d’émettre des faux documents afin de distraire les fonds qui devraient en réalité servir à sauver la vie de ce pauvre garçon qui d’ailleurs, à l’occasion de la venue de M. Biya, a décidé de faire un sit-in continu devant l’ambassade du Cameroun à Paris.
Face à ce cas affligeant, je me pose bien la question de savoir ; où sont nos compatriotes champions de la moralisation ? Et donc je me résumerai en disant que c’est moins une honte de manifester contre la venue de M. Biya à Paris ; que d’être classé deux fois champion du monde en corruption (1998 et 1999) par Transparency International, que d’être classé parmi les pays pauvres très endettés (PPTE) surtout lorsqu’on s’appelle le Cameroun, que de tuer plus de deux cents personnes lors des manifestations contre la faim et contre le tripatouillage de la constitution , que de savoir qu’au Cameroun on peut encore mourir faute d’un comprimé de nivaquine, que de savoir que le commerce des diplômes est l’un des business les plus lucratifs au Cameroun, que de savoir que la prostitution infantile au Cameroun commence à trouver des issues dans l’exportation. On voudrait citer tous les maux honteux qui minent notre pays qu’on n’en finirait pas.

Dans votre structure le CCD, n’existerait-il pas quelques confusions au niveau des attributions ?

La confusion c’est peut-être vous les journalistes qui l’avez faite, car pour le moment il existe un bureau exécutif et un conseil d’administration de 20 membres. Les deux entités étant présidées par Robert Waffo Wanto et ce depuis les récentes premières élections qui ont mis fin à une période transitoire  à présidence tournante qui aura duré plus de trois ans. Maintenant pour tout ce qui est des autres attributions, elles relèvent soit d’une erreur de la part des journalistes soit de la manipulation manifeste de l’information. Mais sachons à l’avenir nous en tenir à la réalité.
 
Revenons sur le programme de la manifestation du 21 juillet 2009

Le CCD (Conseil des Camerounais de la Diaspora), son président et tout le bureau entendent rassembler tous les patriotes dans un premier temps à la place  métro Porte d’Auteuil (ligne 10) le 21 juillet 2009 à 15H, pour le départ d’une marche qui devrait se terminer  à la place du Trocadéro. Et pour la suite du programme à savoir les journées du 22, 23 et 24, ce serait des actions ponctuelles et concertées dont il est tôt pour en parler.

Selon des informations de sources sures, les sections Rdpc de France Nord et le RDPC Bénélux  comptent organiser également un rassemblement à la place d'Auteuil et à la même heure que vous. Comment entendez vous y faire face ?

Vous me rappelez la conversation téléphonique que j’ai eue avec un responsable Rdpc de Paris qui m’a laissé entendre très gentiment qu’il était souhaitable que nous changions de lieu de rassemblement pour la simple et bonne  raison qu’ils entendaient garer les bus de leurs délégations  à cet endroit (place métro Porte d’Auteuil, ndlr) quelle insulte !!! Et si d’aventure il était vraiment sérieux, disons simplement que rendez-vous est pris.

Y a t-il une synergie entre toutes les organisations de la diaspora pour l’organisation de cette manifestation ? 

Le Conseil des Camerounais de la Diaspora (CCD) que je préside et les amis du CODE sont effectivement à pied d’œuvre et entendent manifester à des endroits différents, au Métro  Porte d’Auteuil et à l’Assemblée Nationale, ceci pour la journée du 21 juillet. Pour la suite du programme nous vous le ferons constater.

© Camer.be : Propos recueillis à Paris par Hugues SEUMO

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