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Ce jeudi 15 octobre 2015, le Burkina Faso commémore le 28 ème anniversaire de l’assassinat du Capitaine Thomas Sankara,assassiné lors du coup d’Etat qui a porté Blaise Compaoré au pouvoir le 15 octobre 1987. ​

Ce 15 octobre 1987 au soir «au pavillon Haute-Volta» du Conseil de l’Entente, Thomas Sankara et 12 de ses compagnons d’infortune furent abattus. Que s’est-il passé au juste ? Impossible de répondre de façon tranchée à cette question.

Seuls filtrent de temps en temps quelques confidences, rarissimes.

En avril 2006, le comité des Droits de l’homme de l’ONU s’était emparé du dossier, avant de le clore deux années plus tard sans l’ouverture d’une enquête. En 2009, un collectif international d’associations avait lancé une pétition pour réclamer une enquête internationale, indépendante et l’ouverture des archives.

L'ancien président du Burkina Faso Thomas Sankara a été "criblé de balles" lors de son assassinat en 1987 selon le rapport d'autopsie présenté le13 octobre dernier à Ouagadougou, alors que les premières inculpations ont été annoncées 28 ans après sa mort.

Icône du panafricanisme, le capitaine Thoma Sankara a été tué, après 4 années au pouvoir, le 15 octobre 1987 lors d'un putsch qui a porté son compagnon d'armes Blaise Compaoré au pouvoir. L'enquête sur sa mort a été ouverte fin mars 2015, cinq mois après le renversement de Compaoré, chassé par la rue après 27 ans au pouvoir. Les ossements de Thomas Sankara ont été exhumés fin mai et sont en cours d'authentification par une expertise ADN.

Thomas Sankara est né à Yako le 21 Décembre 1947 dans une famille chrétienne de 14 enfants ; il était un « Peul-Mossi » qui n’a jamais oublié ses origines modestes. Son père, décédé le 4 août 2006, fut prisonnier comme tirailleur dans la seconde guerre mondiale, puis après avoir été enrôlé en Indochine dans les sales guerres coloniales, abandonné par la France à une retraite de misère d’ancien combattant, il est infirmier dans la gendarmerie de Haute-Volta. Sa mère, Marguerite est décédée le 6 mars 2000.(2)

Après des études secondaires à Bobo-Dioulasso, la carrière militaire de Thomas commence à 19 ans, avant qu’il ne soit envoyé pour suivre sa formation à Madagascar. Il aura donc l’occasion d’observer de ses propres yeux les soulèvements populaires malgaches contre le régime néo-colo­nial en 1971/1972. Ici, naissent ses idées d’une « révolution démocratique et populaire ».

Il retourne en Haute-Volta en 1972, et participera à la guerre contre le Mali de 1974. Il va ensuite en France, puis au Maroc où il rencontre en 1976 Blaise Compaoré. Les deux hommes deviendront rapide­ment très proches, se considérant comme des « frères ». Les deux hommes formeront avec Henri Zongo et Jean-Baptiste Boukary Lingani le ROC ou Rassemblement d’Officiers Communistes qui sera un rassemblement de jeunes officiers voulant changer les choses.

Thomas Sankara est nommé Secrétaire d’Etat à l’Information en Septembre 1981 dans le gouvernement Saye Zerbo, et fera sensation en se rendant à vélo à sa première réunion de cabinet. Il démission­nera avec fracas le 21 Avril 1982 pour marquer sa protestation, en s’écriant selon le journal Le Combat « Malheur à ceux qui veulent bâillonner le peuple ».

Le 7 novembre 1982, un coup d’état place Jean-Baptiste Ouedraogo au pouvoir. Thomas Sankara sera nommé Premier Ministre en janvier 1983. Dans son discours d’investiture, le mot « peuple » revient 59 fois. Thomas Sankara se fait immédiatement remarquer au sommet des « non-alignés » de New Delhi par un discours virulent contre le néocolonialisme. Mais le système de la Françafrique fait la pluie et le beau temps ! Après une visite des conseillers français aux affaires africaines, Guy Penne et Jean-Christophe Mitterrand, le fils du président français, Thomas Sankara sera emprisonné par Ouedraogo le 17 mai 1983.

Son ami d’alors Blaise Compaoré organise un coup d’état le 4 Août 1983, et le libère. Puis on force Thomas Sankara à prendre le pouvoir.

Le 15 Octobre 1987

Thomas Sankara est en réunion avec des conseillers quand des bruits d’armes automatiques résonnent. Il aurait dit à ses conseillers « Restez, c’est à moi qu’ils en veulent ». Il sort du palais, en short, les mains en l’air, mais visiblement les mutins n’avaient pas pour consigne de l’arrêter, mais de le tuer, et quelques rafales mettent fin à sa vie, ainsi qu’à celle de douze de ses conseillers.

Comme pour tuer le symbole une seconde fois, il sera enterré à la va-vite, et de façon quasi anonyme.

Dirigeant progressiste, réputé pour son honnêteté, Thomas Sankara est devenu après sa mort un mythe au Burkina Faso (littéralement le "pays des hommes intègres" ainsi qu'il l'avait rebaptisé en 1984) et au-delà dans toute l'Afrique, . Les jeunes burkinabè se réclamaient volontiers de lui lors de la "révolution" d'octobre 2014.

Grands discours et interviews

Burkina Faso : 28 ans après l'assassinat de Thomas Sankara, l'enquête progresse enfin

1- Journal Le Tanga du 18 octobre 2011
2- Rebellyon info

@Hugues SEUMO