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Au moment où les sirènes de la propagande officielle s’apprête à relancer la dithyrambique rengaine bassement politicienne, le devoir nous commande d’en appeler à la responsabilité historique du dirigeant, seul responsable devant le Peuple et la Nation du moindre dérapage.

Qu’importe si, avec le poids des contingences nous sommes toujours, peu ou pas entendu, par celui qui rechigne à assumer la pleine charge de ses fonctions de Président de la République de tous les Camerounais(e)s d’Est à l’Ouest, du Nord au Sud.

A celui là qui adore les séjours galvanisés et dorés à l'étranger, vous ne perdez rien à nous entendre vous dire sans complaisance ni aucune puérile condescendance que, pour l’honneur et la fierté camerounaise, la falsification de notre projet d’Etat-Nation est une faute lourde ; que personne, parmi les Camerounais, ne sait plus dissimuler l’agacement que suscite votre propension à la personnification outrancière du pouvoir d’Etat et au mépris total de ceux qui pensent autrement que vous.

Bientôt, arrive la fin d’un cycle, le cycle de l’homme de 1982, dont la durée blesse la conscience de toutes celles et tous ceux qui comme moi, vous ont vu arriver pour la première fois au sommet du pouvoir, alors qu’ils n’étaient encore que de jeunes adolescents. Et aujourd’hui, nous voilà, plus de trois décennies après, face à vous encore et toujours Président d’une République (…). Nous voilà, obligés de vivre et de mourir pour certains avec dans les cœurs des griefs surréalistes difficiles à surmonter.

Nous ne sommes pas en paix au Cameroun.

C’est vrai qu’en affirmant mordicus que nous ne sommes pas en paix au Cameroun, mes lecteurs de la main gauche vont me traiter de tous les noms d’oiseau. Je suis obligé de le dire au regard de mes constats.

La paix n’est pas exclusivement synonyme d’absence de guerre armée. Le chômeur ou toute personne qui n’a jamais trouvé du travail ; n’est pas en paix celui qui manque à manger, celui qui n’accède ni à l’électricité ni à l’eau courante, celui qui a du mal à boucler la fin du mois, celui qui n’a pas la liberté de parole, celui qui ne peut pas payer son loyer par manque d’argent, celui qui subit les tracasseries quotidiennes de la police et de la gendarmerie du régime, celui qui meurt par manque de moyens pour se soigner, celui qui est contraint à fuir ou subir la misère ambiante, n’est pas en paix…etc.

Combien de diplômés sans emploi vivent encore auprès de leurs parents et leurs grands parents au Cameroun ? Combien de retraités ne perçoivent pas leur pension; combien de veuves ne perçoivent pas leur pension de réversion; combien de compatriotes meurent quotidiennement pour des pathologies bénignes;combien d’étudiants et d’enseignants délaissés…

Au Cameroun, on se couche le soir, affamé et emporté dans son sommeil avec un œil ouvert dans l’espoir de se réveiller en santé le lendemain. Celui qui dort avec un œil ouvert comme le crocodile ne peut pas dire qu’il est en paix. Pour rappel, le crocodile dort très souvent avec un oeil ouvert, ce qui lui permet de rester en alerte sur les dangers environnants

Or, entre ceux qui mangent à satiété et ceux qui dorment affamés, ceux qui accèdent à l’eau potable à foison et ceux qui boivent l’eau des puits et des ruisseaux non traitée, ceux qui dorment sous la lumière et ceux qui passent les nuits de tombeaux, entre ceux qui s’accaparent l’essentiel du revenu national et ceux qui ignorent tout des fruits tirés des richesses du pays, ceux qui trouvent la solution au moindre problème qui se pose dans le quotidien de leur vie et ceux qui sont infichus de résoudre le plus petit problème qui se pose en eux… s’articulent respectivement la paix et son opposé.

C’est dire que l’idéal social ou politique qui s’identifie au calme, à la tranquillité, à l’absence de perturbation ou d’agitation est loin d’être le même pour tous au Cameroun.

La paix désignant l’état d’un esprit placide et serein, des sentiments enthousiastes et positifs n’est pas donnée à tous les Camerounais. Ainsi, la guerre, la violence, le conflit et la colère psychologiques et sociaux sont-ils implantés de façon permanente dans l’esprit de la majorité des Camerounais. […] A suivre…

Hugues SEUMO