28-02-09
Belgique: Séance d'information sur les nouveaux critères de régularisation des sans papiers
Le vendredi 25 septembre dernier s'est tenue à Bruxelles à l'invitation de l'asbl Solidarité Universelle avec la collaboration du Collectif Folefack, une séance d'information sur les nouveaux critères de régularisation des sans papiers en cours en Belgique depuis le 15 septembre 2009 .En deux heures d'intenses échanges,les participants venus des quatre coins du royaume ont participé activement à cette rencontre placée sous le signe de la sensibilisation et de l'information. Les orateurs du jour en ont profité pour traiter séance tenante quelques cas pratiques évoqués par les participants
Tout commence aux environs de 18 heures avec la mise en place. Plusieurs invités vivant en Belgique pour la plus part se retrouvent au Centre culturel Flamand Elzenhof situé au 12, 14 de l'Avenue de la couronne à 1050 Bruxelles où la séance d'information a été prévue
L'ambiance est aux retrouvailles. On retrouve parmi les participants, les camerounais, les congolais, quelques Belges tous curieux et assoiffés de s’informer sur les nouveaux critères de régularisation des sans papiers en Belgique.
Dans le parterre des intervenants, on découvre Maître Philippe Armelle, Maître Alexis Deswaef tous deux Avocat au Barreau de Bruxelles et spécialistes en droit des étrangers, sans oublier Ali Guissé de l'Udep ( Union pour la défense des sans papiers)
L'essentiel de la séance d'information était concentré sur les nouveaux critères de régularisation des sans papiers vus au prisme de l’accord nouveau de gouvernement en matière de régularisation
Pour mémoire, les 18 et 19 juillet 2009, le Comité ministériel restreint élargi aboutissait à un accord sur une question dont le sort attendait depuis longtemps d’être précisé, à savoir la question des critères relatifs à certaines situations « humanitaires » spécifiques pouvant justifier l’octroi à une personne étrangère d’une autorisation de séjour de plus de trois mois en application de l’ancien article 9, alinéa 3 et de l’actuel article 9bis de la loi du 15 décembre 1980 sur l’accès au territoire, le séjour, l'établissement et l'éloignement des étrangers.
Pour Maître Armelle Philippe, le Comité ministériel, par la même occasion, clarifiait la question, ouvrant de nouvelles possibilités de « régularisation » par le biais de l’instauration de nouveaux critères, et rappelait également des critères déjà retenus auparavant tout en venant les préciser.
Quels sont ces critères nouveaux prévus dans l’accord de gouvernement?
Selon Maître Alexis Deswaef, se référant à l'accord de gouvernement, il a précisé à l'intention des participants que cet accord reconnaît en effet la nécessité de régulariser le séjour de trois catégories de personnes : celles qui avaient été victimes d’une trop longue procédure, celles qui pouvaient prouver un ancrage local durable et celles qui avaient une offre d’emploi.
Procédure déraisonnablement longue : (point 1.2)
Au-delà des instructions existantes (point 1.1), la durée de procédure fixée à 4 ans pour les familles avec enfants scolarisés et 5 ans pour les isolés prendra désormais en compte, comme demandé, la durée de procédure devant le Conseil d’Etat et en outre la durée des procédures de régularisation introduites sur base des articles 9 al.3 ancien et 9bis.
Les procédures introduites aussi dans le cadre de l’art 9bis, avant le 18 mars 2008, seront prises en compte (et pas seulement celles de l’art 9 § 3, ancien).
Ancrage local durable : (point 2.8 A)
Il s’agit de la régularisation du séjour des personnes qui sont présentes sur le territoire depuis 5 ans, qui ont été soit en séjour légal à un moment donné ou, quand cela n’est pas le cas, qui ont « effectué des tentatives crédibles pour y arriver » et qui peuvent apporter la preuve qu’elles ont établi en Belgique le centre de leurs intérêts affectifs, sociaux et économiques.
Les critères de l’accord sont intégralement repris : scolarisation des enfants, liens sociaux, aptitude à travailler, connaissance de la langue ou, nouvelle nuance, en tous cas fréquentation des cours d’alphabétisation.
Régularisation par le travail : (point 2.8 B)
Pour Maître Armelle Philippe, se référant également à cet accord de gouvernement, il s’agit des personnes qui peuvent apporter la preuve qu’elles étaient présentes sur le territoire avant le 31 mars 2007, qui ont une offre ferme de contrat de travail et qui reçoivent soit un avis positif des régions quant à l’octroi d’un permis B soit un permis de travail B sur base d’une attestation d’immatriculation délivrée à cet effet.
Ali Guissé, très connu dans le milieu des Sans papiers en Belgique à cause de son activisme reviendra à son tour sur les bien faits de cet Accord qui permettront à de nombreuses familles intégrées chez nous de trouver enfin une solution. Et c’est sans doute la plus belle conclusion de cet accord ajoute t-il.
Idée que partagera Nicolas de Fotso, homme politique Belge d'origine camerounaise qui invitera dans sa contribution aux échanges tous les étudiants étrangers présents sur le territoire belge depuis des années à se rapprocher des Avocats pour analyser la possibilité de leur régularisation
L'on retiendra en substance de cette rencontre à la fois riche en enseignements et en informations qu'il est temps aux uns et autres concernés de déposer leur demande de régularisation, le délais étant de trois mois, allant du 15 septembre au 15 décembre 2009.
Plusieurs personnes ont répondu favorablement à l'appel de Solidarité Universelle asbl dont l’administrateur délégué Eric Nguemaleu s’est estimé heureux à la fin des travaux.. Selon ce dernier, son association compte mettre sur pied dans quelques jours un plan de travail avec la collaboration d'autres associations poursuivant les mêmes objectifs un programme ; continuer à informer le public sur ces réformes, éditer des tracts et des flyers dans ce sens.
© Camer.be : Hugues SEUMO
27-02-09
Guinée Conakry: Quelques sélections des Vidéos, Dadis Camara Show
Le chef de la junte au pouvoir depuis le 23 décembre 2008 en Guinée, le capitaine Moussa Dadis Camara, ne cesse de faire des sorties médiatiques tonitruantes.Il est présent partout, contrôle tout,presque omniprésent. Entre intimidation en direct devant les caméras des télévisions, injures, humiliation, tout y passe.Le nouveau président fait son Dadis show. A chacun d'interpréter ces différentes vidéos colléctées par nos soins.
France- Rwanda: Agathe Habyarimana déboutée du droit d’asile
L'information a été rendue publique le 23 septembre dernier.Le rapporteur public ayant conclu devant le Conseil d'Etat français au rejet de la demande d'asile formée par Agathe Habyarimana, veuve du président rwandais assassiné en 1994. La décision du Conseil d'Etat a été mise en délibéré sous quinzaine. Par contre, ses enfants,qui l’accompagnaient lors de son départ de Kigali,bénéficient déjà du statut de réfugié politique en France.Agathe Habyarimana avait saisi la plus haute juridiction administrative qui doit statuer en dernier recours d'une décision de la Commission de recours des réfugiés qui avait rejeté sa demande d'asile le 15 février 2007.
Dans sa décision de février 2007, l'Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA) avait estimé que l’épouse de Juvénal Habyarimana, dont la mort, le 6 avril 1994, avait été le point de départ du génocide au Rwanda, aurait participé «en tant qu'instigatrice ou que complice» au «crime de génocide».
L'OFPRA, qui a entendu Agathe Habyarimana en septembre 2004, précisait notamment que l'ex-première dame du Rwanda, aujourd'hui âgée de 66 ans, aavait affirmé avoir eu un simple rôle de représentation auprès de son mari. Or, en se fondant sur plusieurs «témoignages», l'Office avait conclu qu'elle a, au contraire, «mis en oeuvre un pouvoir d'influence afin d'imposer ses directives ou ses choix en matière de politique».
S'appuyant, en outre, sur de nombreux documents, l’OFPRA avait également estimé qu'il y a des «raisons sérieuses» de penser que Mme Habyarimana «a participé, en tant qu'instigatrice ou complice, à la commission du crime de génocide». En conséquence, elle ne remplit pas, affirme l'Office, les conditions pour l'obtention du droit d'asile sur le territoire Français où elle réside actuellement.
Mercredi dernier (23 septembre 2009, ndlr), la rapporteur public a conclu devant le Conseil d'Etat au rejet de la demande d'asile formée par Agathe Habyarimana. La décision du Conseil d'Etat a été mise en délibéré sous quinzaine.
Agathe Habyarimana (aussi appelée Agathe Kanziga) est veuve de Juvénal Habyarimana, ancien président rwandais. Elle fut la première dame du Rwanda de 1973 à 1994.
Très influente, elle est considérée comme la véritable patronne de l'Akazu. L’Akazu était une organisation informelle gravitant autour du président du Rwanda, Juvénal Habyarimana, et sa femme.Accueillie en France après l'attentat du 6 avril 1994 contre son mari, elle y réside toujours.
Nota: Illustration, Agathe Habyarimana et Valery Giscard Destaing, années 70
© Camer.be : Hugues SEUMO
26-02-09
Usa: Madagascar: Bras de fer à l'Onu, Andry Rajoélina empêché une deuxième fois d’accéder à la tribune onusienne
Décidément, la présence du président de la Hat, Andry Rajoelina à l'ONU ne cessera d'animer les débats au cours de cette 64è session de l'assemblée générale de l'Onu. Son passage à la tribune d'abord programmé selon le site de l'Onu pour le 24 septembre, puis renvoyé pour le 25 n'a accouché que d'une souris ! Il était presque 23h 50, heures de Bruxelles,18 50 heures à New York , 00h50 heure du matin à Madagascar lorsque le président de l’Assemblée Générale de l’ONU, le libyen Ali Triki, annonçait la prise de parole d’Andry Rajoelina, Président de la Haute autorité de transition de Madagascar après l'allocution du président du Vietnam comme cela était prévu à l'ordre du jour du programme de l'ONU
Bien avant l’entrée effective de Andry Rajoelina, la République Démocratique du Congo, représentée par son Ministre des Affaires Étrangères Alexis Thambwe Mwamba, obtenait cependant la parole pour soulever un point d’ordre. Au nom de la SADC, Alexis Thambwe Mwambaprend prend la parole en tant que membre de la SADC et demande devant toute l'assemblée à ce que Andry Rajoelina ne puisse tenir de discours eu égards aux évènements passés à Madagascar. Il a en outre rappelé à l’Assemblée Générale que Madagascar avait été suspendu de la SADC et que cet organisme ainsi que l’OUA avaient refusé de reconnaître les autorités en place.
En conclusion, le congolais a précisé que les membres de la SADC quitteraient la salle si la parole était donnée à M. Andry Rajoelina, et qu’elle invitait les autres pays qui considéraient que les autorités malgaches actuelles sont issues d’un coup d’État à en faire de même.
Face à cet imbroglio, Le président de l'Assemblée générale, Ali Triki, a alors mis une motion au vote, lequel a été favorable à la position de la SADC. La délégation malgache a alors quitté la salle.
Le vote portait sur le point de savoir si une décision antérieure d'autoriser M. Rajoelina à s'exprimer était valide ou non. Le non l'a emporté par 23 voix contre 4, avec 6 abstentions. L'Assemblée générale de l'ONU compte 192 Etats membres.
Par cette motion au vote, La SADC, communauté des pays d'afrique australe, a montré qu'elle avait belle et bien une réelle influence sur le plan diplomatique.
Selon RFI, la présence à New York d’Andry Rajoelina embarrasse les plus hauts diplomates des Nations unies. La délégation malgache a demandé à plusieurs reprises à rencontrer le secrétaire général, mais pour l’instant Ban Ki-moon fait la sourde oreille.
Le secrétaire général ne peut visiblement pas se permettre de prendre le contre-pied de l’Union africaine qui réclame un retour à l’ordre constitutionnel dans la Grande Ile de l’Océan Indien.
Une situation qui va être difficile à encaisser diplomatiquement par la délégation malgache à New York qui, désormais se trouve devant un paradoxe à savoir ne pas agir unilatéralement contre l'avis de la communauté internationale et s'aligner sur Maputo 1, ou mieux encore, tourner le dos à la communauté internationale.
Le discours de Andry Rajoelina était annoncé en 5ème position, après le passage respectif des chefs d’Etat de la Serbie, Micronésie (Etats fédérés), Congo Brazza, Swaziland, Mongolie, Cameroun, Viet Nam , annonce le site de l'ONU.
Hugues SEUMO
France, Vacances de Paul Biya: Le directeur général du Resort Lucien Barrière de La Baule écrit aux journaux, radios et site web
«Votre media s’est fait l’écho de propos inexacts concernant le séjour privé du chef de l’Etat du Cameroun à La Baule. Nous vous informons que les hôtels du Resort Lucien Barrière accueillent toute l’année et à chaque saison une clientèle individuelle familiale, des jeunes, des seniors, des séminaires, des congrès et font ainsi rayonner en France et à l’international l’art de recevoir de l’hôtellerie française. L’activité touristique étant et de loin la première activité économique de La Baule.
Le chef de l’Etat du Cameroun, attaché à la France mais aussi à La Baule, nous fait l’honneur de venir séjourner en famille à titre privé.
Comme à chacun de nos clients nous lui assurons nos meilleures conditions pour un séjour réussi. Le chef de l’Etat est d’ailleurs réputé pour sa discrétion, sa modestie et sa simplicité et, La Baule, comme les hôtels Lucien Barrière, ont su répondre à ses attentes.
Les informations que vous avez diffusées sont inexactes et discréditent commercialement les établissements Lucien Barrière et desservent considérablement l’image de marque de nos hôtels et de la France.»
Marc Zuccolin.. Directeur général du Resort Lucien Barrière de La Baule
© Source : Marc Zuccolin, Directeur général du Resort Lucien Barrière de La Baule
Afrique :Les Sectes en Afrique comme frein à l’émancipation d’une véritable conscience noire
Cette publication ne s’inscrit dans aucune polémique.Elle est juste un avis après quelques réflexions profondes, menées sur certains paradigmes du monde de l’hermétisme, de la vie spirituelle et réelle. Elle vient juste inviter l’homme africain à se libérer des outils qui freinent son essor matériel et mental.Depuis plus 20 ans, l’Afrique est devenue le théâtre des scénarii inquiétants qui prennent de plus en plus corps. Ces scénarii sont dus d’une part, faut bien le préciser, à la crise économique et à l’échec de la transition politique dans la majorité des pays africains.
Si les Crises économiques et politiques au cœur de l’Europe ou des Amériques ne durent que le temps de deux printemps, chez nous, elle dure depuis des décennies et engendre des situations précaires constantes. C’est cette Situation politico-économique morbide qui, d’ailleurs, incite à des nouvelles vocations et passions dans toutes les classes sociales. Chez nous, désormais, messianismes et Sectes ont pignon sur rue et défient la légalité en plein jour, avec la bénédiction de certains stratèges politiques du « Camp des monarques ; des on a droit à tout ».
Généralement venues d’ailleurs, ces nouvelles « Institutions » font des adeptes dans tous les milieux, notamment dans la frange de ceux que Fanon a appelé les « damnés de la terre » qui, à son tour ; Je parle bien évidemment de la classe des « damnés de la terre » qui, abandonnée à elle-même, trouve refuge dans certaines pratiques religieuses complexes, dans une dévotion incontrôlée à Christ, à Mohammed, à bouddha et dans la croyance aux divinités diverses y compris les spiritualités ethniques africaines.
Par ailleurs, dans la classe de l’élite politique et intellectuelle actuelle, friande des plaisirs éphémères, de luxe et en quête perpétuelle de gain facile, certains s’essaient aux sectes millénaires ou millénaristes, dites parfois philosophiques qui, curieusement, s’inspireraient non pas de l’hellène comme certains myope de l’histoire le font croire, mais bien des pratiques de l’Egypte ancienne ; donc des pratiques Africaines. Quelles sont donc ces églises et Sectes qui recrutent à tour de bras en Afrique ? Quelle est l’origine de ces nouveaux courants religieux, de ces nouveaux gourous qui, au lieu d’assister l’homme Africain totalement aliéné par l’envahisseur d’antan, mentalement pauvre et physiquement amoindri, continuent de l’enfoncer dans la médiocrité tout en pillant ses richesses ? Comment expliquer l’état des faits qui veut que quand l’européen travaille, pendant que l’africain prie pour après lorgner les miettes de l’occident et du Ponant pour survivre ?
La franc-maçonnerie
Dans l’imaginaire Africain, la franc-maçonnerie est le lieu par excellence de la création des richesses et de la fabrication des Chefs d’état. Même dans la classe intellectuelle Africaine la plus pointue, cet avis est largement partagé. Dans le royaume des francs, « l’extrême onction » étatique passerait par les cérémonies où on consomme du sang humain, où on s’accouple hommes et hommes, femmes et femmes, afin d’atteindre les sommets de la gloire sur terre, c’est-à-dire l’argent et le pouvoir.
Les Africains pensent qu’aucun chef d’état ne peut résister à la Franc-maçonnerie, pour eux c’est la franc-maçonnerie qui fait et défait les gouvernements. L’accès à un poste ministériel passe donc par un acte homosexuel où le postulant se fera sodomiser (casser le derrière dans le Jargon local) par le maître franc selon un rite particulier, avec pour but de le dominer. Pour certains Camerounais, c’est ce qui explique la longévité de Biya, le président Camerounais actuel au pouvoir, puisque ce dernier aurait consenti aux exigences sexuelles d’un Certain Louis Paul Aujoulat, membre de la l’administration à l’époque coloniale et parlementaire français décédé en 1973.
Si nous récusons, en partie, et de manière scientifique ces thèses, il n’en demeure pas moins vrai de dire que la Franc-maçonnerie s’immisce d’une certaine façon et sans crainte dans les affaires Africaines. Si on se réfère à l’histoire gabonaise où Léon Mba fonde la première Loge du Gabon après les indépendances, on peut supposer que la fraternité « franche » a agit en quelque sorte à sa succession, lorsque son Vice Président de la république de l’époque Omar Bongo Ondimba, ami de Foccart et co-fondateur de la France-à-fric lui succède facilement en mettant au grand jour son appartenance franc-maçonne, lorsqu’il crée la première grande Loge du Gabon en 1982. Son gendre, l’actuel président du Congo Sassou Nguesso, initié parait-il par Bongo, se ventera récemment d’avoir initié à son tour Idriss Deby Itno actuel président du Tchad. Paul Biya, un homme au comportement maçonnique véritable puisqu’il sait cultiver le mutisme (préfère avoir la gorge tranchée que de révéler les secrets qui lui sont confiés. Suivre mon regard…), aurait été initié tout d’abord chez les rose-croix puisqu’il reçoit les membres de la famille Bernard à qui il offre les présents et des prêts colossaux en puisant dans les caisses du trésor public, et cofonde, selon certains, le Circes, un instrument de la Rose-croix donc les objectifs restent mystérieux. On remarque alors que son entourage est essentiellement rosicrucien, on citera entre autres (Agbor Tabi, Benaé Mpecke, Titus Edzoa, Laurent Esso, Mbella Mappe etc.) qui seraient des fraters, et la liste n’est pas exhaustive. C’est alors l’âge d’or de cette Secte au Cameroun où, pour se faire nommer, il suffit d’y adhérer et de monter très rapidement en grade en accomplissant des sales besognes, faisant des libraires ésotériques des hommes riches. Certaines Monographies sont vendues à prix d’or, au grand profit des grands maîtres français qui sauraient par des pratiques mystiques, consolider le pouvoir tout en offrant le bonheur sur terre. La présence pour certain, d’Alain Bauer Grand Maître français de la GNLF au Cameroun, marque la reconversion de Biya à la franc-maçonnerie après un âpre combat entre les réseaux franc-maçon et rosicrucien de Yaoundé et Paris. Qu’est qui peut expliquer cette frénésie si ce n’est l’appât du gain et du pouvoir à tout prix ?
La franc-maçonnerie selon l’histoire
Plusieurs égyptologues sont unanimes sur cette thèse : La franc-maçonnerie est bien une pratique égyptienne. Sur les signes maçonniques les plus connus, on observe un œil « complet » de la symbolique égyptienne qu’on remarque au dessus du grand maître qui, selon l‘artiste Djed Khonsou, est la symbolique de la création que l’homme a pour fonction d’accomplir à l’image du principe. Les pyramides égyptiennes quand on les observe de face sont en conformité avec les trois piliers essentiels maçonniques (Sagesse, force et beauté), l’Eglise primitive elle aussi reposait déjà sur ces trois piliers assimilés à Jean, Jacques et Céphas selon Christian Jacq in « franc-maconnerie, histoire et initiation publié chez Laffont), égyptologue de renom. D’où la toute puissance du chiffre trois dans le jargon ésotérique et dans la majorité des dogmes chrétien.
Le principe de la sainte trinité lui également repose sur un principe triangulaire similaire, avec Un Dieu au sommet qui est le père, et deux autres dieux à la base le fils (Jésus de Nazareth pour les chrétiens), et le saint esprit qui agirait dans l’invisibilité ou en colonne de fumée au nom des deux autres dieux. Si nous nous limitons aux comparaisons en remontant le temps, il est assez d’évident de relever que la civilisation la plus ancienne appliquant les principes ci-dessus cités reste l’Egypte antique puisque, selon certains textes d’écrivains franc-maçons, la franc-maçonnerie serait née en 1717 sous l’influence d’un groupe de frères Londoniens qui, précisément, le 24 Juin 1717, font d’Anthony Sayer le premier grand Maître qui tentera d’unifier les loges et obédiences du monde, et que la christianisme tel que nous le vivons aujourd’hui est basé les idées de Rome antique. Pour certains, c’est ce qui explique la disparition par brûlure de certains documents compromettants qui prouvaient les liens directs entre l’Egypte antique, l’église chrétienne et la franc-maçonnerie, un instrument lié à elle (Similitude dans la symbolique entre Eglise Chrétienne classique et Franc-maçonnerie).
Le nom Mâcon dans franc-maçon n’est le fait du hasard puisque le Mâcon a pour but premier de bâtir matériellement et Spirituellement, d’où son admiration pour l’équerre et à la truelle, éléments essentiels dans les tâches architecturales. Si nous nous en tenons à ces principes simples, sans pour autant vouloir questionner à outrance le terme « bâtir spirituellement » ou même verser dans la polémique qu’une telle thèse peut engendrer, nous pouvons affirmer qu’aucun chef d’état africain n’est vraiment franc-maçon puisqu’ils sont incapables de mettre en pratique le premier principe maçonnique qui est de bâtir des « cathédrales »,c’est-à-dire être à l’image d’Hiram. On peut admirer l’œuvre des mâcons Allemands et français à travers la Cathédrale de Strasbourg et le Dôme de Cologne qui attire des milliers de touristes et rapporte des devises aux trésors publics Allemand et Français. L’appartenance des chefs états Africains aux loges maçonniques ne peut que reposer que sur le brisement de cette loge en deux courants majeurs : Les « Opératifs » et les « Spéculatifs ». Ceci s’explique pour certains par l’entrée en pompe des Politiciens, scientifiques, et intellectuels dans les Loges qu’ils font vite de la transformer en lieu privilégié de décision sur comment le monde aller être gouverné, tandis que les Artisans Mâcons, c’est-à-dire les premiers Mâcons, bâtissaient sans compter et s’adonnaient à l’humanitaire, à l’essor et au bien-être de l’homme sur terre. D’ailleurs, Peut-on donc affirmer qu’une mafia s’est emparée de la véritable franc-maçonnerie ? C’est ce qui expliquait déjà la sortie d’Emanuel Bityeki, membre d’une loge Américaine qui s’interrogeait sur l’appartenance de Biya à une vraie Loge maçonnique. Si Xavier Bertrand, ancien ministre et actuel Secrétaire général de l’UMP affiche sa fierté d’être devenu franc-maçon, et surtout de s’être épanoui en fréquentant les « frères de la lumières », il n’en n’est pas de même pour nos chefs d’état. L’œuvre et le talent de Xavier Bertrand en politique, pour tout ceux qui s’y intéressent est digne d’intérêt, c’est ce talent qui, depuis 5 ans, a enterré la gauche française, et non des incantations mystiques qu’on prête aux sectes. Certains l’ont compris, c’est l’argent et l’habileté et l’aptitude du travail, qui gouvernent le monde.
Pour certains mâcons tel que le frère Olivier, Les sociétés maçonniques existaient déjà avant la création de la terre à travers diverses planètes du système solaire (grande Architecture de l’univers). Le premier « authentique fils de la lumière » serait donc Adam le Mari d’Ève, qui, chez les chrétiens, est le premier homme sur terre (le premier homme sur terre était Africain et noir selon les historiens et anthropologues) et fils de Dieu. Adam qui par la transmission initiera donc toute sa descendance donc le prophète Moise sauvé des eaux. Les franc-maçons peuvent se vanter d’avoir pu compter dans leurs rangs Pythagore, Solon, Isaac Newton, Einstein, Thales, Francis Bacon, Kant et récemment encore Bill Clinton etc. Tout comme les chrétiens, ils ont une considération pour Jésus qu’ils considèrent comme un adepte franc. On peut donc se poser la question de savoir ce qui explique l’engouement de certaines personnalités de renoms pour l’hermétisme franc-maçon qui, curieusement, ne rejette pas les autres religions, comme il en est le cas pour certaines sectes ou églises reformées et classiques.
La crainte de l’inconnu(Dieu), la quête de célébrité et l’appât du gain
Depuis la nuit des temps, s’il existe un sentiment d’angoisse profond qui anime l’homme, c’est bien l’angoisse de la mort. L’homme aujourd’hui à une explication scientifique qui démontre comment le processus de fécondation est mis en place, les techniciens de santé sont capables aujourd’hui, après de nombreuses années de recherche de pratiquer des fécondations in-vitro, de cloner les moutons et singes, d’opérer des mutations génétiques et transmutations psychosomatiques. Mais tout ceci ne suffit pas pour éclairer l’homme sur les sujets de la vie et de la mort, sur la séparation de l’esprit et du corps, sur la véritable construction d’un esprit humain qu’on peut affecter à un individu. Ces questions restées en suspend angoissent l’homme qui se pose des questions complexes sur l’origine de la vie et sa fin, sur son but sur terre, sur l’étendu de l’univers, sur la vie éternelle. Il est très complexe d’expliquer le fait que malgré l’abondance matérielle, certains n’hésitent pas à se donner la mort, à mettre un terme à leur existence sur terre, cette terre qui passionne certains d’individus qui n’hésitent pas commettre des crimes atroces pour embellir leur séjour sur elle. Toutes ses questions transversales et très difficiles à transcender sont abordées au sein des loges. On y enseigne des méthodes pour dominer ses sentiments pour une meilleure maîtrise de soi et du Monde. Même si la Franc-maçonnerie prône au plus haut niveau la tolérance et la générosité, il reste évident que ses adeptes sont des hommes capables du pire comme du meilleur, comme tous les hommes. Il revient donc à chaque initié d’appliquer selon ses désirs les principes et enseignements de la Loge. C’est ce qui a toujours expliqué les dissidences au sein des loges ; les différents conflits entre les obédiences « opératives » et Spéculatives ». On pourra citer cet exemple d’un officier ivoirien qui, au plus fort de la guerre ivoirienne, a dû appelé son maître français à maintes reprises pour lui demander s’il fallait qu’il tue, bref sur les différentes conduite à suivre pour mener la guerre qui opposait Laurent Gbagbo aux hommes de son actuel premier ministre Guillaume Soro ; Où encore expliquer la retour selon certains, de Laurent Gbagbo du pentecôtisme à La franc-maçonnerie afin de consolider son pouvoir, contredisant ainsi ceux qui pensent que tout pouvoir viendrait de Dieu. Ces questions inexpliquées ne peuvent que pousser les esprits mesquins, faibles aux croyances diverses faites des Dogmatismes et des Sectarismes les plus fous, afin d’assouvir les sentiments de crainte qui habitent nos esprits si fragile, si naïfs. On peut toujours observer que c’est par angoisse, par déception, par crainte de perdre certains privilèges qu’un être « saint » se confie à Dieu à travers les religions et sectes, devenant l’objet des gourous les plus fous, des doctrines les plus folles qui transforment les esprits et affecte l’homme.
La passion à la Maçonnerie chez Certains réside dans la fraternité qu’elle incarne(le frater d’abord), à l’image des églises reformées où le frère en christ vient avant le frère de sang. Cette fraternité est donc exploitée à des fins mesquines comme par exemple la conservation du pouvoir et les rapides ascensions sociales.
Quoiqu’il en soit, il ne suffit pas d’être franc-maçon pour obtenir tous les privilèges de la vie. La plus grande Loge, la plus grande Religion reste l’amour pour le prochain l’amour de l’homme tout court, et de l’espace dans lequel il vit.
Pour véritablement s’adapter au contexte politique et économique mondial d’aujourd’hui, l’homme Africain doit désormais se méfier de tout ce qui bafoue les principes de la morale pure, de l’éthique et de la transparence ; de tout ce qui vient d’ailleurs sur le plan spirituel. Il doit se méfier des Loges, des Sectes, des églises s’il veut emprunter le chemin de la liberté et de l’espoir ; il doit savoir respecter et préserver les traditions africaines, être conquérant à l’image de Chaka zulu, de Soundiata Keita pour se libérer du joug des Monarchies et de leur complices de l’ombre, tapis dans les « Temples » des villes occidentales et du ponant .Entre Mythes et réalité, il y a un vide qu’il faut combler. Ce vide, nous le comblerons si nous restons attentifs, déterminés, sages, courtois et tolérant ; si nous consommons avec modération les doctrines importées et imposées. La libération ne viendra jamais de l’extérieur. Quand une Monographie ou une Bible passe, l’argent n’est jamais loin. Croire en Dieu ? Oui, mais loin des Sectes et des Religions étrangères qui participent à ce que j’ai appelé la double aliénation. A Suivre…
© Correspondance : Alain Nanzé
Le Land Grabbing: Asservissement de l'Afrique ou vision politique de ses dirigeants ?
« Nos dirigeants, qui n'ont pas l'excuse d'avoir baigné dans le chaudron colonial chinois (c'était le cas avec la France), ont décidé de commercer avec la Chine sans prendre en compte l'intérêt des peuples dont ils sont supposés avoir la charge.»Pertinente remarque que celle de la talentueuse écrivaine Léonora Miano, consécutif à un échange que j'ai eu avec elle suite à un article paru sur le site de rue 89 au titre évocateur et séquellaire de: « La « Chinafrique » change la donne sur le continent africain », de Pierre Haski.
Le but de cette réflexion n'est pas d'analyser le contenu de l'article de Pierre Haski, liberté donnée à chacun de se faire son opinion; mais elle se propose de scruter de près le mot « Chinafrique », de dire avec l'écrivaine Léonora Miano et en même temps comprendre pourquoi et comment des gens qui, pour reprendre l'expression utilisée par l'auteur de « Les aubes écarlates », n'ayant pas baigné dans le chaudron colonial chinois, peuvent-ils se permettre de reproduire les mêmes exactions en pleine possession de leur liberté d'action.
Il y a quelques mois, je soulevais dans un article intitulé «De la Françafrique à la Chinafrique: La rhétorique de diversion » la ruse à mon sens, utilisée par les auteurs du néologisme « Chinafrique », infectant, criminalisant d'emblée la nature des relations qui existent entre la Chine et les pays africains, faisant de la Chinafrique le versant asiatique de la nébuleuse Françafrique. Cette position n'a guère changé et même si on peut noter certaines similitudes entre les deux concepts dans leurs conséquences sur les peuples, la Françafrique reste encore et toujours un monstre qui ne fait pas que s'attaquer à l'économie, mais aussi à la politique, à tuer les cultures des peuples concernés par des jeux de magouilles dissimulées allant jusqu'à l'élimination physique des individus.
Le dénominateur commun que l’on peut trouver à la Chine et aux autres puissances occidentales quant à leur intérêt pour l’Afrique est la ruée sauvage vers et sur les richesses de ce continent, c'est leur esprit de prédation sans bornes aucune. Là s’arrête la similitude de mon point de vue.
Et la dénonciation du comportement de la Chine en Afrique ne participe pas de l'intérêt porté pour les peuples concernés et pillés par leurs dirigeants et le géant asiatique, mais simplement de la perte de l'exclusivité du pillage autrefois l'apanage de la seule Françafrique. La Françafrique c'est encore et toujours un scandale monétaire à ciel ouvert symbolisé par le Franc cfa , une bombe à déflagration interminable sur les économies des pays africains concernés par cette monnaie.
Si donc, comme l’écrivait Gerville REACHE : « Il ne faut pas hésiter à le dire : dans notre empire africain, il reste comme une sorte de résidu de l’esclavage…L’esclavage supprimé se perpétue… dans le travail forcé. », un héritage certain de l'esclavage et de la colonisation peuvent expliquer le comportement indigne et mercantiliste, la cupidité et la servilité avérées de certains dirigeants africains vis-à vis des anciennes puissances colonisatrices occidentales, l'apparition du « Land Grabbing » que les chinois accélèrent à travers le continent s'inscrit-il dans la perpétuation de ces comportements des dirigeants africains comme sous la coupole occidentale, sachant qu'ils ne sont tenus par aucun passif colonial avec le géant de l'empire du milieu ?
Le Cameroun, le Sénégal, le Congo et bien d'autres pays, la main basse sur les terres africaines arables par le géant asiatique s'accentue, faisant de l'Afrique, son grenier tout en poussant les autochtones à l'exode et les exposant aux maux inhérents au mode d'implantation choisi par la Chine en Afrique, exporter sa population vers ses territoires nouvellement acquis pour y constituer sa force de travail principale. Du pétrole en passant par tout ce dont elle a besoin pour assouvir ses besoins, la Chine s'accapare de l'Afrique. Mais soulignons-le, pas avec la même arrière pensée qui a motivé la colonisation et l'esclavage de l'Afrique par les puissances occidentales et les dirigeants africains ont le choix de...
Quels avantages tirent les peuples et les pays concernés du partenariat commercial avec la Chine ? Pourquoi les griefs qui entourent les relations entre l'Afrique et la Françafrique sont-ils entrain de naitre là où aucun passif colonial ne peut être mis en avant pour justifier les comportements des uns et des autres ? Disons le clairement, la Chine comme toute autre puissance industrielle n'investit pour des raisons sentimentales, mais pour ses intérêts. Les dirigeants africains des pays convoités ont, avec l'émergence des pays comme la Chine, l'Inde, les pays d'Amérique du sud, l'occasion de rentrer dans le concert mondial en insérant leur pays comme indispensable car le potentiel qu'il dispose le permet, et se sortir ainsi du carcan des puissances colonisatrices occidentales.
Mais ceci n'est possible que s'ils consentent à penser au bien-être de leurs peuples, à taire et bannir les maux hérités de l'embastillement colonial occidental dans lequel ils restent visiblement prisonniers en réitérant les mêmes vices sans qu'ils ne soient sous la menace de quelque chose.
Il appartient à l'Afrique de savoir tirer profit de la convoitise qu'elle suscite de part et d'autre et non croire aux vertus des uns et des autres dont la Chine également; à ses dirigeants d'avoir une vision large et communautaire comme on le voit avec les Evo Morales ou Hugo Chavez. Son destin n'est ni lié à l'occident, ni à la chine, ni lié à quiconque qu'à elle même. Il paraît important de terminer cette réflexion par une pensée de Achille Mbémbé : « L'Afrique se sauvera par ses propres forces ou elle périra. Personne ne la sauvera à sa place, et c'est bien ainsi. »
© Camer.be : Jean-Jacques DIKONGUE
Afrique, Immigration : les rentiers de la misère du monde
Quoiqu’ils aient des lois qui se doivent d’être respectées, le gouvernement italien qui vient de transformer la situation irrégulière en un délit, et le gouvernement français qui brandit le délit de solidarité à quiconque veut aider un sans-papiers, ont un point commun avec les passeurs : ce sont tous des rentiers de la pauvreté, ou mieux, de la misère du monde. En Italie, des milices urbaines ont déjà été créées par Berlusconi pour traquer et dénoncer la présence des sans-papiers passibles en plus d’une amende de 10.000 euros au cas où ils travailleraient dans le noir.
En France, le gouvernement vient de démanteler, sans oublier de faire appel aux caméras de télévisons, « la jungle de Calais » où s’étaient agglutinés quelques migrants afghans et irakiens depuis quelques mois. Dans les deux pays, les responsables politiques disent ne rien avoir contre les sans-papiers mais beaucoup avec les passeurs qui s’enrichissent sur le dos des pauvres migrants. Spécifiquement en Italie, le discours officiel consiste à dire aux citoyens italiens que les lois actuelles, dignes des lois fascistes de Mussolini, ont uniquement pour but de bloquer les appels d’air que peut constituer une Italie où vivent des sans papiers en toute impunité. Mais quand on y regarde de près, on se rend compte que les passeurs, puis les politiques français et italiens sont tous des rentiers de la misère du monde. D’un côté, les passeurs prennent des sommes d’argent assez élevées aux candidats à l’immigration clandestine. De l’autre, les pouvoirs français et italiens rentabilisent aussi politiquement leurs opérations de déguerpissement et de chasse à l’homme hautement médiatisées. Les pouvoirs français et italien remobilisent ainsi l’aile plus à droite de leur électorat en faisant de l’étranger en situation irrégulière, la source de tous les malheurs nationaux. Il y a donc à la fois les passeurs comme rentiers économiques de la misère des migrants et les politiques italiens et français comme rentiers politiques de la même misère du monde. Les dividendes des actions des un et des autres sont respectivement économiques et politiques.
Les rentiers politiques ont d’autant plus le vent en poupe que leurs pays sont en crise économique. Période où, non seulement ils sont désarmés par rapport à la croissance qui tarde à revenir, mais aussi où les sans-papiers qu’on exploite bougrement sans scrupules dans le travail au noir en période de croissance, deviennent « les moutons noirs » des troupeaux des travailleurs. Il faut bien trouver un bouc émissaire au chômage des Français et des Italiens : ce sont les sans-papiers. « Nous ne pouvons accueillir toute la misère du monde » disait, en son temps, un ancien ministre français de l’intérieur. Belle formule, mais force est de constater que les pouvoirs n’hésitent pas à rentabiliser financièrement et politiquement cette misère du monde : amende de 10.000 euros en Italie en cas de situation irrégulière et politique d’immigration choisie en France.
Un autre rentier politique de cette misère du monde n’est personne d’autre que le président de l’Union Africaine, Mouammar Kadhafi. Ce dernier, pour négocier sa réhabilitation internationale, a signé les lois fascistes de Berlusconi en acceptant de mettre dans des camps installés en Libye, les migrants africains expulsés d’Italie. Le temps où certains chefs traditionnels africains livraient leurs sujets aux marchands d’esclaves contre de la camelote n’est donc pas encore révolu au 21ème siècle. Kadhafi joue le rôle de gardien des pêcheurs expulsés du paradis européen. Il devient un rentier de la misère du monde au même titre que Sarkozy et Berlusconi qui veulent séduire l’extrême droite de leur électorat en se montrant fermes dans la lutte contre l’immigration clandestine.
Le problème crucial qui se pose ici est celui de savoir comment les droits de l’homme dits universels peuvent être assurés par les seuls Etats qui ont des objectifs sécuritaires, populistes et nationalistes ? Une politique de l’immigration toujours choisie et jamais subie peut-elle respecter les droits de l’homme ?
© Correspondance : Thierry AMOUGOU, UCL, Belgique.
Cameroun : Dr Aboya Endong Manassé "le Cameroun d’aujourd’hui ressemble à un aveugle qui cherche désespérément ses marques. "
Monsieur Aboya Endong Manassé est Docteur Nouveau Régime en droit public et science politique de l’Université François Rabelais de Tours (France), et actuellement Chargé de cours au département de droit public et de science politique de la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université de Douala (Cameroun). Aboya Endong Manassé est également le Directeur Exécutif du Grepda (Groupe de recherches sur le parlementarisme et la démocratie en Afrique), une unité de recherches rattachée à l’Université de Douala et Directeur de publication du confidentiel Africa Top Secret.
Ali Ben Bongo vient d’être élu Président du Gabon. L'opposition gabonaise conteste cette élection et estime qu'elle a été entachée de fraude. Selon vous, qu'est ce qui explique le fait que les élections sont toujours contestées en Afrique ?
A l’observation minutieuse de la scène politique africaine, on peut valablement affirmer que le processus électoral est manifestement l’arbre qui dévoile la forêt démocratique en Afrique. Avec son corollaire de fraudes massives et de tripatouillages hors du commun, justifiant ces contestations interminables. Et pour cause ? Les anciens partis uniques qui se sont reconvertis officiellement en partis administratifs, à la faveur notamment d’un multipartisme démonstratif retrouvé, ont su garder, contre tous, leur position de pouvoir. Pour survivre au parti unique, ils utilisent de manière vicieuse les moyens administratifs, financiers, coercitifs et médiatiques entièrement entre leurs mains pour mettre les différents Chefs d’Etat, leurs fils ou tout autre candidat investi par eux à l’abri d’un vote sanction prévisible. Aussi, en dix ou quinze ans de consultations électorales pluralistes en Afrique francophone, les vertus reconnues du suffrage universel ont-elles fait place à des joutes dont l’issue est toujours prévue largement à l’avance. A l’aide de moyens de plus en plus sophistiqués, les ‘’machines à frauder’’ se sont consolidées progressivement et ont transformé les espoirs d’une libre expression du suffrage universel en de véritables ‘’farces électorales’’. De modes de régulation politique et d’alternance qu’elles devraient être à l’intérieur des Etats prétendument engagés dans la voie de la démocratisation, les compétitions électorales sont devenues, à force de manipulations, de véritables instruments de légitimation des pouvoirs en place. L’exemple du Gabon peut difficilement déroger à cette règle, d’où cette expression de rejet et de contestations manifestes exprimées ici et là. Et comme partout ailleurs en Afrique francophone, le miracle n’a pas pu avoir lieu au Gabon !
Avec ce que nous sommes en train de vivre au Gabon, voudriez-vous par là insinuer que le Cameroun n'échappera pas à ce syndrome de contestation lors de l'élection présidentielle future ?
La situation est encore beaucoup plus compliquée en ce qui concerne le Cameroun, tant la mise en place d’Elecam n’a pas suscité des adhésions conséquentes, notamment en provenance de la plupart des forces politiques ou sociales indispensables pour fédérer les convergences préventives aux désordres. Les critiques du Sdf, le plus grand parti d’opposition, sont ainsi connues de l’opinion publique lorsque ce parti assimile Elecam à une sorte « d’antichambre du Rdpc ». Les réserves de la société civile quant à elles, formulées notamment par la plate-forme des organisations de la société civile sont elles aussi officielles. A ce propos, Hilaire Kamga, le Secrétaire permanent de cette plate-forme, accable Elecam quand il affirme sans coup férir que cette institution est une « régression sérieuse du système électoral ». Inutile d’évoquer la critique acerbe, bien connue du cardinal Christian Tumi par rapport aux pesanteurs partisanes qu’il attribue également à cette institution, etc. Autant d’aspects qui indiquent clairement que le syndrome de la contestation est manifestement cultivé et entretenu. Ce syndrome n’est pas négligeable, tant il rentre dans cette longue liste de petits ingrédients qui nous conduisent inéluctablement vers la guerre civile. Car on a beau faire semblant de l’ignorer, nous marchons inexorablement vers une guerre civile si les méthodes de gouvernement ne se réajustent pas à temps.
Nous avons constaté, que ce soit au Togo, au Congo RDC et plus récemment au Gabon, qu'un scénario de la monarchisation plus ou moins déguisée est en train de prendre pied au sommet des Etats africains. Quelle est votre analyse ?
Il faut tout au moins avoir à l’esprit l’idée selon laquelle la monarchie est un régime politique dans lequel le chef de l’Etat est un souverain héréditaire. Ces préalables théoriques sont indispensables à cerner pour éviter de sombrer dans des généralisations impropres aux différentes situations qui se présentent à nous depuis quelques temps en Afrique. Pris dans ce sens, les cas du Togo ou de la RDC sont loin d’être assimilés à la situation gabonaise, tant la monarchie ne va pas de pair avec la tenue des élections libres et compétitives. Dans cette logique, il me semble qu’Ali Ben Bongo Ondimba a été bel et bien élu d’entrée de jeu Président de la République du Gabon, même si cette élection qui s’est tenue librement se trouve aujourd’hui contestée par ses concurrents. On ne saurait cependant assimiler cette perspective à la monarchie. Par contre, Faure Essozimna Gnassingbé et Joseph Kabila Kabange ont empruntés au départ des trajectoires assez proches de la monarchie. Aucune élection ne les a conduits au préalable à la tête de leurs Etats respectifs. Ils sont ainsi le produit d’une prise de pouvoir monarchique à travers la trajectoire héréditaire qu’ils avaient préalablement empruntée…
Docteur Manassé Aboya, si l'on vous comprend bien, voulez-vous par là dire que le Cameroun par exemple pourrait échapper à cette nouvelle pratique ?
Le Cameroun est effectivement très loin de reprendre une telle pratique. Sous réserve d’une probable évolution contexte actuel. En effet, si le Gabon d’Omar Bongo Ondimba, la Guinée Equatoriale de Teodoro Obiang Nguéma, le Sénégal d’Abdoulaye Wade, la Lybie de Mouammar Kadhafi ou le Togo de Gnassimbé Eyadéma se sont accommodés d’une tradition officielle de la préséance familiale dans l’exercice du pouvoir d’Etat, ce n’est nullement pas le cas au Cameroun où la famille présidentielle ne se mêle pas officiellement de la conduite des affaires publiques. Franck Emmanuel Biya, en l’occurrence, est complètement effacé de la scène publique et mène une vie très discrète avec ses anciens camarades du Collège Vogt à Yaoundé. Ceux qui programment son arrivée dans la scène politique ignorent certains préalables élémentaires : l’expérience ou la maturité dans son cas ne s’acquièrent que dans l’exercice d’une fonction. A moins de procéder par une succession héréditaire. Ce qui n’est nullement envisageable dans le Cameroun d’aujourd’hui. Du moins si l’on s’en tient aux dispositions constitutionnelles allant dans ce sens !
Selon vous, quel serait le profil du candidat idéal pour l'élection présidentielle de 2011 au Cameroun ?
A mon avis, il n’y a pas de profil-type à sortir d’un chapeau magique pour construire une bonne candidature à la prochaine présidentielle au Cameroun. Il faut tout simplement une convergence patriotique vers un homme qui aime le Cameroun, qui connaît ses problèmes et qui dispose d’un background lui permettant d’apporter des solutions conséquentes aux préoccupations des populations, tout en projetant le Cameroun vers la modernité. Sur ce plan, on ne va pas inventer le fil à couper le beurre : il faut un homme capable d’amener le Cameroun à se mettre dans la voie de l’apprentissage de ce qui se fait de meilleur sous d’autres cieux. On a l’impression que le Cameroun d’aujourd’hui ressemble à un aveugle qui cherche désespérément ses marques. Il s’agit simplement de créer une dynamique en vue d’aider le Cameroun à sortir de cette situation !
Les proches du président de la République ont déjà commencé, à travers motions et déclarations, à lui suggérer d’être candidat à l`élection présidentielle de 2011…
Il n’y a rien d’étonnant à cela ! A la faveur de l’abrogation de l’article 6 alinéa 2 de la Constitution camerounaise, relatif à la limitation du nombre de mandats présidentiels, cette perspective était inévitable. Toutes ces motions indiquent donc tout simplement que le débat sur le ‘’dauphinat’’ a été renvoyé à plus tard. Elles rappellent à n’en point douter que le Président national du RDPC est le candidat naturel de ce parti à la présidentielle. Aux autres forces politiques de proposer une alternative consistante.
Quelle lecture faites-vous de la contestation d'Elecam par les forces vives de l'opposition camerounaise ?
La contestation d’Elecam par les forces vives de l’opposition, et principalement du SDF, s’est davantage accentuée autour des violations présumées des articles 1, 8, et 13 de la loi N° 2006/011 du 29 décembre 2006 portant création, organisation et fonctionnement d’ « Elections Cameroon » (Elecam) relatifs à l’incompatibilité entre la fonction, la qualité et l’appartenance politique des membres d’Elecam. Le Sdf qui avait introduit un recours – auprès des instances compétentes - en annulation du décret présidentiel nommant les membres d’Elecam estimait ni plus ni moins que ceux-ci étaient inféodés au Rdpc et seraient de ce fait inaptes à respecter la loi électorale de manière à assurer l’impartialité, la régularité, la sincérité, l’objectivité et la transparence des scrutins sur le plan national. Cette option décisive soulevait en clair le régime juridique des incompatibilités. Le Sdf souhaitait alors que les incompatibilités des membres nommés fussent constatées ou encadrées avant leur nomination. Le gouvernement a défendu et soutenu la position contraire : pour entamer une autre fonction, ceux-ci devraient se démettre simplement de leur fonction actuelle. La Cour suprême avait validé cette position. Beaucoup plus sérieusement, en acceptant au préalable que les membres de cette institution soient nommés par décret présidentiel, les différentes contestations étaient vouées à une perspective simple : « nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude ».
Vous voulez dire par là que cette institution en charge de l'organisation des élections au Cameroun n'est pas une structure fiable …
Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette institution est fortement querellée. Mais au stade actuel des choses, on est rendu à la perspective de juger le maçon au pied du mur…
De manière générale, quel regard portez-vous sur les forces politiques actuelles de l'opposition camerounaise ?
Si elles existent encore, elles sont naturellement émiettées dans une inorganisation chronique et dans des divergences personnelles inqualifiables. Toutefois, il faut reconnaître que leurs moyens de travail peuvent difficilement être structurés positivement. Et pour cause ? Aucune opposition dans le monde ne peut travailler sans disposer des statistiques. Au Cameroun les informations élémentaires sont sous embargo : le recensement de la population, le taux du chômage, le fichier électoral, etc. Faire la politique dans un tel désert statistique est une incroyable mission qui exige davantage de foi que de réalisme !
Un mot sur la diaspora camerounaise ?
La diaspora camerounaise est un potentiel extraordinaire qui tarde à être mise à contribution pour appuyer les perspectives de développement multiforme du Cameroun. Toutefois, on s’aperçoit que cette frange de camerounais est totalement exclue des perspectives nationales. Pourtant, ces milliers de camerounais de l’étranger méritent d’être mieux considérés et reconnus pour leur fort attachement, et surtout leur patriotisme à l’égard du Cameroun. Ainsi serait-il indispensable qu’ils soient consultés pour les grandes décisions politiques dont ils subissent inévitablement les conséquences à partir du moment où ils demeurent entièrement camerounais ; qu’ils soient également représentés dans certaines institutions étatiques car on trouve dans la diaspora des personnes d’une très grande valeur et formées dans les plus prestigieuses universités du monde ; et qu’ils puissent enfin obtenir le droit de vote, ne serait-ce que pour les élections de dimension nationale. ( A suivre)
© Camer.be : Propos recueillis par Hugues SEUMO
Belgique- Burundi : La Belgique s’engage à financer les élections au Burundi
"La Belgique et les autres partenaires comptent s'engager dans le financement des élections et c'est avec plaisir que j'annonce une contribution belge de deux millions d'euros au financement de ce processus électoral", a affirmé le ministre belge de la Coopération au développement Charles Michel, lors d'une visite à Bujumbura. Selon M. Michel, le financement de ces scrutins passe par la création d'un fonds permettant de rassembler les contributions de multiples bailleurs.


